En quête du savoir perdu

En ces périodes d’examen, on peut entendre souvent : à quoi bon essayer de retenir tout cela, aucune utilité et de plus, on va tout oublier. Pas faux, en partie diront T. Ryan et W. Frankland (cités dans Cerveau et Psychologie 148).
On pourrait avoir la tentation de proposera au corps académique de s’appuyer sur ce constat pour alléger les tâches proposées aux étudiants. Mais est-on sûr que l’oubli est un faux-semblant et qu’il se cache là où nous ne le cherchons pas?

Les dernières découvertes des neurosciences plaideraient en ce sens. En effet les techniques actuelles permettent aux chercheurs de traiter expérimentalement le phénomène de l’oubli. On peut, sur animal de laboratoire, visualiser un réseau neuronal dans la structure cérébrale de la mémoire et quand on réactive artificiellement ce réseau, l’animal se comporte comme s’il retrouvait la mémoire. Comment ce réseau aboutit-il à l’oubli? Les chercheurs identifient deux sortes d’oubli, soit une disparition complète suite à une dégradation neuronale, soit une mise en sommeil suite à un processus biochimique. 

Sans mécanisme de consolidation, c’est-à-dire permettre de passer de la mémoire à court terme vers la mémoire à long terme, l’oubli serait plus difficile à réactiver. 

Nous en revenons ainsi à notre point de départ où nous proposions de réduire les études. D’un point de vue pédagogique, cela serait une mauvaise idée. Car les engrammes (trace, empreinte laissée dans le cerveau par un événement passé et susceptible de reviviscence) existent toujours, ils ne sont pas perdus. Ils interviennent dans nos processus d’analyse et de décision. Il est utile et efficace de multiplier les stimuli capables de réactiver ces engrammes. En associant des comportements, des créations imaginaires, en répétant souvent et périodiquement (ce que pratiquent les as de la mémoire). Les pédagogues et enseignants peuvent donc être rassurés…

 A quoi sert donc le phénomène de l’oubli? Cela permet de trier, pour ne retenir que l’essentiel. D’accord, mais la réalité est bien complexe. Et le retour de bâton est parfois bien difficile à vivre. Ceux qui travaillent sur l’inconscient sont là pour nous le rappeler. 

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