Le minimalisme en point de mire

Notre surconsommation n’est que le corollaire du système productif. Une part des produits est liée aux activités qui permettent de les écouler. En fabriquer plus permet d’en écouler plus à moindre prix car plus vous en voudrez plus on fabriquera. Nous avons besoin de politiques pour mettre en place les conditions sociales et économiques (aménagement urbain, moyens de transport, logements isolés…). Impossible dans le cadre actuel qui fait référence continuelle au PIB et à la croissance. Le capitalisme est en contradiction avec l’autolimitation, la concurrence fait obstacle à l’indispensable coopération.

De plus les réformes à mettre en place  devraient concerner le plus de participants possibles à défaut de les rassembler tous. Difficile d’envisager tout cela sans protectionnisme et sans trouver des capitaux à investir. 

Sans attendre un sursaut politique, certains ont déjà fait le pari et le choix du minimalisme. 

Ainsi Kyle Chyka, essayiste qui parle de son expérience :  »  J’ai habité à New York pendant des années dans de petits appartements en location. Je n’avais pas de rangements, pas d’espace. Comme beaucoup de New-Yorkais, j’ai été minimaliste par nécessité, avec un nombre restreint de vêtements, peu de meubles… J’ai aimé l’idée de valoriser le peu de choses que je possédais. Les objets que l’on utilise tous les jours sont incorporés dans notre vie, au point que l’on finit par les comprendre. Par exemple, j’utilise ma machine à café italienne tous les jours, et j’ai l’impression qu’en m’engageant à n’utiliser que cela, je comprends cet objet comme un tout, j’en ai une meilleure appréciation. Nous avons un désir constant pour le stimulus de la nouveauté. L’approche minimaliste est de parvenir à une compréhension plus complète des choses que l’on possède déjà, en les regardant, en pensant avec intention à elles. C’est totalement opposé à la logique de la fast-fashion ou de la livraison en un jour sur Amazon. Cela peut être une manière de reconsidérer son empreinte carbone et de penser des manières de réduire sa présence au monde. Ne pas essayer de comprendre ou de participer à tout en permanence, valoriser l’endroit dans lequel on vit, apprécier ce qui existe déjà plutôt que de consommer en permanence la nouveauté. » ( lu in Philosophie magazine 163)

On peut toujours rêver que la collectivité s’empare de cette expérience et qu’ainsi le mimalisme devienne le mantra de l’économie et des politiques qui s’en inspireraient. 

Avec son dernier livre, «Le minimalisme – concept et pratiques d’écoconsommation», l’économiste français Gérard Bertolini, président de l’Aprede (Applications de recherches en économie de l’environnement) et spécialiste de la problématique des déchets, a donc fait le point sur la question.
Le minimalisme est décrit comme une démarche volontaire de réduction pour atteindre l’essentiel. 
A ce sujet nous avons cité précédemment les contributions des ascètes et stoiciens. On peut aussi rappeler que Gandhi promait la simplicité.  
Bertolini écrit que la clef d’un mode de vie plus respectueux de la nature passe aussi par une économie imaginative dont les cycles de transformation de la matière bouclent davantage sur eux-mêmes. 

Alors qui commence ? 

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