Quand l’analyse passe la main

En principe nous sommes capables d’analyser les problèmes pour prendre une décision en fonction des différents choix qui se posent. C’est là que les biais cognitifs interviennent. On parle de biais de confirmation, ceux sélectionnés pour abonder dans le sens que vous avez privilégié et de biais d’optimisme pour ceux qui sont plutôt optimistes et rassurants.
On voit bien qu’ils sont à l’œuvre dans le déni des conséquences du changement climatique. Mais pourquoi ces biais s’installent-ils ?

Une expérience a été menée en 2011 par Tali Sharot et son équipe. Ils ont parlé, aux participants à l’étude, des probabilités (statistiques) que se produisent certains évènements désagréables (divorce, cancer…) sans leur révéler dans un premier temps les véritables taux d’incidence. Et puis ils ont demandé aux participants d’estimer la probabilité de tels évènements. Ils ont montré que les participants ont tendance à corriger leur estimation en fonction des chiffres annoncés. Ils ont tendance à optimiser leur estimation.

Nous avons tendance à sélectionner les bonnes nouvelles et privilégier celles qui confirment nos croyances.

Stefano Palminteri s’est penché sur un mécanisme universel, l’apprentissage par renforcement. C’est le processus cognitif qui permet de modifier nos choix en fonction des résultats obtenus par le passé dans des situations identiques. Il permet donc de maximiser les récompenses et fuir les punitions. 
L’auteur a pu expérimenter que le taux d’apprentissage positif est plus important que le taux d’apprentissage négatif. C’est comme si les sujets prenaient moins en compte les erreurs de prédiction négative que les positives. Ils négligeraient toute information leur indiquant qu’ils ont fait un mauvais choix.

L’hypothèse postule que l’apprentissage par renforcement repose sur une modification des synapses situés sous le cortex au niveau du striatum, où il y a un important centre de la motivation. Il existe bien deux voies neuronales qui relient le cortex au striatum, une directe (en charge du renforcement positif) et une indirecte pour le renforcement négatif. Et c’est la dopamine qui circule et qui affecterait les 2 voies de manière dissemblable, renforçant la voie directe et affaiblissant la voie indirecte. 

Les biais d’optimisme trouvent peut-être leur explication dans le sens où ils permettent de prendre des décisions dans des situations de survie. Procéder par élimination demande beaucoup plus de temps Se baser sur un seul indice peut être vu comme léger en analysant les différentes possibilités mais en situation de survie la vitesse compte. 

Et la plupart d’entre nous ont pu expérimenter que l’apprentissage par récompense fonctionnait mieux que celui par punition.

Faut-il se désespérer devant les dénis et la non-prise en compte des informations pertinentes? Comme déjà souvent évoqué , une solution parmi d’autres serait de renforcer l’apprentissage positif des comportements écoresponsables.   

Source: S.Palminteri cité dans Cerveau et Psychologie 149

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