L’anesthésie par le bien-être

Dans la collection nouvelles mythologies – c’est tout dire -, on peut lire un livre rédigé par Benoit Heilbrunn « L’obsession du bien-être » (Editions R.Laffont).
La notion du bien-être apparaît au XIXe siècle. Ce concept devient alors, comme le note Edgard Morin, une valeur bourgeoise et prolétarienne. C’est le déploiement de la société de consommation qui fait de la quête du bien-être un style de vie, puis une injonction. 

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Une affaire de mérite ?

A l’heure actuelle, le ton est à la méritocratie. Il suffit d’entendre les discours de notre voisin jupitérien pour s’en convaincre. Mais cela ne date pas d’hier. Les self-made men nous font la morale depuis bien longtemps. Et au moment où la course au bien-être est lancée, les trophées sont distribués aux plus méritants.
Chacun devrait sa position sociale ( et son état de santé) à son mérité intrinsèque.
Il est intéressant face à cette situation de se référer au livre de l’épidémiologiste Richard Wilkinson “Pour vivre heureux, vivons égaux ».

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Oser l'échec

La vérité n’est jamais qu’une erreur rectifiée (G.Bachelard).

A la suite du proverbe bien connu, on peut citer Saint Augustin: l’erreur est humaine, la reproduire est diabolique.

Quand nous pensons que tout dépend de nous, nous pensons soumettre le réel, or le réel résiste le plus souvent. Charles Pépin nous propose de changer de regard sur nos échecs. 

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L'obésité

Pourquoi choisir l’obésité comme fil conducteur d’une réflexion sur la santé?

A priori, diront certains, nulle réflexion n’est nécessaire.

Tant le sujet est simple, un problème une solution. Moins d’énergie, plus de dépense, et la machine s’équilibre.
Et d’embarquer rapidement dans le train des précheurs du bon sens et des moralistes à 2 sous.

De plus en plus d’obèses, c’est peut-être la faute au monde moderne et à ses dérives ‘consommatoires’ mais c’est surtout la manque de rigueur et de volonté qui est mis en exergue par les hérauts du bien-être. Ceci n’est que la première scène d’une pièce qui comporte plusieurs actes.

Essayons d’y voir plus clair dans cet écheveau de complexités. En effet, l’obésité doit se voir à travers un prisme qui tient du kaléidoscope à multiples facettes: physiologiques, psychologiques, environnementales, sociales, culturelles, économiques, politiques, idéologiques…

Nous cheminerons en nous appuyant sut la lecture de plusieurs auteurs qui, peu ou prou, ont examiné quelques facettes de cette question. 

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Le bien-être en vue?

Les grands esprits se rencontrent

A lire « Le syndrome du bien-être », les opinions défendues dans “Happycratie” rencontrent l’adhésion de l’auteur Carl Cederstrom. Car il n’a lui aussi de cesse de critiquer le discours positiviste et la manière dont les chantres du bien-être se sont emparés de cette quête pour la transformer en idéologie et en impératif moral. Avec comme conséquences l’émergence de sentiments de culpabilité et d’angoisse. En effet, « le syndrome du bien être résulte pour une grande part de la croyance selon laquelle nous sommes des individus autonomes, forts et résolus, qui devrons nous efforcer de nous perfectionner sans relâche ».

Nouvelle  obsession, il s’agit du devoir de santé avec surinvestissement du corps.

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L’homme peut-il appréhender le fléau?

A l’aube de l’épidémie de Covid-19, nous avons pu entendre de nombreuses manifestations de minimisation (« ce n’est qu’une grippette »), voire de déni. Nombre d’entre nous se berçaient de l’illusion que le virus n’atteindrait pas notre milieu de vie: « la Chine, c’est loin »; « la médecine ici est mieux organisée »; etc.

A l’heure du déconfinement, il semble que cette belle insouciance reprenne le dessus chez un certain nombre de nos concitoyens.

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Est-on responsable de sa santé?

La réponse que l’on donne à cette question complexe est porteuse d’enjeux considérables.
En effet, les politiques de sécurité sociale et de santé peuvent être fortement influencées par une croyance des décideurs en la responsabilité de chacun face à sa santé.

Oui ?

Certaines personnes répondent affirmativement. Elles considèrent qu’on doit assumer sa responsabilité si on vit dans les excès, dans les prises de risques excessifs, voire si on n’adopte pas certains comportements préventifs. 

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Le bonheur obligatoire?

Et dans la ligne de la réussite, le bonheur à l’horizon…

Quand on évoque les questions de santé, de bien-être, on ne peut qu’être intéressé par un sous-titre comme : « Comment l’industrie du bonheur a pris le contrôle de nos vies ». Il figure sur « Happycratie », un livre de E. Cabans et E. Illouz (1).

Dès l’introduction, il est dit que le film « The pursuit of Happyness » fut en 2006 un succès mondial. Le réalisateur du film expliqua que happyness était écrit avec un “y” pour rappeler à tous que vous (you) et vous seul décidez de la vie que vous menez, qu’il y va de votre responsabilité. 
A partir de cette introduction, les deux auteurs vont dérouler leur démonstration. La recherche du bonheur a pris une place très importante dans nos vies, et sûrement dans les discours traitant du bien-être. 

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Le risque de la vie au temps du Covid-19

S’il y a bien un sujet qui nous permet de philosopher, c’est-à-dire d’appliquer une attitude critique, c’est le sujet de la pandémie mondiale de 2020.

La thérapie par la philosophie, c’est la clarification conceptuelle, c’est-à-dire le discernement, dit Claire Marin, le fait de ne pas se laisser emporter trop loin par les affects, de pouvoir mettre des mots précis sur les expériences que nous vivons, de pouvoir y voir un peu plus clair pour ne pas se laisser emporter par les angoisses qui peuvent remonter de l’intérieur, sécrétées par le confinement et l’isolement (RTBF 09/04/2020). 

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